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mardi, 11 décembre, 2018
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Panier alimentaire et conditions de sécurité alimentaire, Décembre 2016.

panier_al-dec16Jusqu’à septembre, les conditions de disponibilité et d’accessibilité, à travers le pays, ont été plus ou moins favorables : bonne performance des récoltes de printemps, baisse des prix des produits locaux, en particulier des haricots, du maïs, stabilité des prix des produits importés dont le riz et la farine de blé (à l’exception de l’huile comestible et du sucre) par rapport au trimestre précédent. Le prix réel du panier alimentaire a légèrement baissé (près de 3 pour cent en moyenne) comparativement au trimestre antérieur et en glissement annuel, de 3.6 pour cent. Pour sa part, le prix nominal reste stable, ceci depuis mars, avec de faibles variations positives en juillet-septembre. Il a été en moyenne de 1087.02 par personne ou 5435.10 gourdes pour une famille de 5 personnes, soit une augmentation de moins de 1 pour cent par rapport au second trimestre 2016.

 

A partir d’octobre, la tendance s’est retournée, avec des hausses significatives surtout en novembre, à travers tout le pays, particulièrement à Port-au-Prince, aux Cayes, à Fond des Nègres et à  Jacmel (voir figure ci-contre). Le coût moyen du panier alimentaire a varié de plus de 8 pour cent en moyenne par rapport au mois précédent, ceci tant en termes réels que nominaux. A noter que sur le marché de la Croix des Bossales (Port au Prince) et des Cayes, cette hausse a été respectivement de plus de 20 pour cent et près de 14 pour cent. Par contre, mis à part le sucre et l’huile comestible, les prix des céréales importées demeurent stables sur les différents marchés, ce au fort même de la dépréciation du taux de change gourde/dollar. On doit toutefois noter que les prix de ces produits sont encore à un niveau élevé par rapport à la moyenne de l’année dernière et à celle des cinq dernières années. Dans ces conditions, l’accès aux aliments, pour les plus pauvres ne saurait être amélioré et que, en cette fin d’année, une large frange de la population, notamment dans les zones touchées par Matthew, nécessite encore de l’assistance humanitaire et des intrants de qualité pour pouvoir relancer leurs activités agricoles de prédilection.

 

Cette situation est induite par les chocs ayant marqué les mois d’octobre et de novembre: cyclone Mathew, innondations, etc., qui ont ravagé le secteur agricole. Une situation qui tend à s’accentuer, sous l’effet de la décôte de la monnaie nationale par rapport au dollar américain et de la résurgence des troubles socio-politiques liées aux élections de novembre. On s’attend encore à de nouvelles hausses de prix en décembre, comme c’est ordinairement le cas, à l’occasion des festivités de fin d’année. Mais tenant compte de la solidarité entre les familles et de l’augmentation des flux de transferts de l’étranger, un certain niveau d’accès aux marchés serait assuré pour la plupart des ménages, durant la période des fêtes.

Par ailleurs, les activités associées aux campagnes d’été-automne et d’hiver semblent être compromises, devant l’envergure des dégâts enregistrés dans le secteur agricole, notamment dans la Grande-Anse et le Sud. Donc la demande de main-d’œuvre diminue considérablement, mettant encore les familles pauvres vivant du travail agricole peu qualifié, dans une situation de précarité.

A cet égard, l’insécurité alimentaire sera minimale, entre octobre et février, dans la plupart des zones non ou peu affectées par l’ouragan. Cependant, dans celles fortement touchées, les ménages pauvres seront incapables de satisfaire par eux-mêmes leurs besoins alimentaires et pourront se retrouver en crise. Certes le PAM a déjà estimé à plus de 2 millions le nombre de personnes affecté par Matthew, dont 70 pour cent ont eu besoin de l’assistance humanitaire. Présentement, on se demande si la situation s’est améliorée ou davantage détériorée. On s’intéresse aussi à la sécurité alimentaire dans les autres régions non touchées par Matthew. L’étude EFSA[1], actuellement en cours, permettra de répondre objectivement à ces questions.

Entre temps, il est recommandé de revoir la stratégie d’assistance aux personnes en difficulté. Par exemple, il faut prioriser des cash transferts en lieu et place de l’aide alimentaire[2], faire des distributions ciblées (les groupes vulnérables) ou au mieux

offrir une assistance conditionnelle à travers du cash for work ou d’autres mécanismes. Cela permet d’éviter des distorsions observées sur les marchés du Sud et de la grande Anse suite aux distributions massive de l’aide alimentaire.

 

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