Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire

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Zones de modes de vie en Haiti

Zone 1: Zone Agro-pastorale Sèche

L’élevage est pratiqué en vue de la vente pour les périodes difficiles et constitue une source d’épargne. Les pauvres pratiquent surtout l’élevage de caprins et d’ovins sous la forme de gardiennage. Les principales sources de revenus sont la vente de main d’oeuvre, de produits agricoles, de charbon et le commerce. Approximativement 2/3 du revenu des pauvres vient de la vente de main d’oeuvre. Alors que la production de charbon chez le pauvre contribue à 10 % du revenu total, le ménage moyen y tire respectivement 40% et 35 % de son revenu de la production du charbon et de la vente des produits agricoles (petit mil, mais). Les ménages mieux lotis tirent un tiers de leur revenu du commerce et à peu près 30% de la vente de produits agricoles (le haricot). Seules les catégories moyennes et mieux lotis tirent un revenu appréciable de la vente des bétails et reçoivent des transferts d’argent. L’achat et la production agricole constituent les principales sources de nourritures. La contribution de la production agricole comme source de nourriture varie selon la catégorie socio-économique car le type de production varie en fonction de la capacité de prise de risques. Ainsi, les pauvres consomment la majeures partie de leur production qui ne couvre seulement ¼ de leurs besoins. La production agricole couvre 2/3 des besoins de ménage moyen. L’achat couvre plus de 2/3 des besoins alimentaire des ménages mieux lotis (par choix) et des pauvres (par absence de choix).

 

 

Zone 2: Zone de Plaine en Monoculture


Zone 2 couvre les régions de plaine particulièrement fertiles avec une altitude proche du niveau de la mer. Ces régions se rencontrent dans les départements de l’Artibonite, du Sud, de l’Ouest, du Nord et du Nord Est. Elles bénéficient généralement de systèmes d’irrigation et/ou d’une pluviométrie élevée. La pluviométrie moyenne annuelle varie de 600 à 1300 mm. L’économie de la zone est donc basée principalement sur la production agricole. Les rendements y sont généralement supérieurs. Zone 2 offres des possibilités de culture telles que le maraîchage, le bananier et le riz. De nos jours, les superficies emblavées en riz tendent à diminuer à cause de coûts de production/commercialisation élevés qui ne permettent pas de concurrencer le riz importé. Les producteurs ont donc tendance à favoriser d’autres cultures tel que le maraîchage. Les deux principales sources de nourriture, toutes catégories socio-économiques confondues sont, en premier lieu, l’achat suivi par la propre production agricole. La vente de la production agricole constitue la plus importante source de revenus de la zone. Le groupe des moyens tire 60 % de ses revenus de la vente de la production agricole. Cependant les ménages ‘pauvres’ sont fortement dépendants de la main d’oeuvre soit à 45 %. Les risques identifiés se rapportent d’abord aux catastrophes naturelles, aux prédateurs et aux maladies du bétail. Un second niveau de risque provient de l’association simultanée de plusieurs évènements qui affectent soit les prix soit l’environnement productif. Par exemple, la réduction de la fertilité du sol ou de la disponibilité en eau associée à un taux de change défavorable engendre des coûts de production/commercialisation élevés.

 

 

 

Zone 3: Zone d’Agriculture de Montagne Humide
 

La Zone d’Agriculture de Montagnes Humides, représentée sur la carte des modes de vie par la coloration bleue, englobe dans sa presque totalité les confins des mornes d’Haïti. A coté d’autres activités de second plan comme l’artisanat et le commerce, l’agriculture et l’élevage constituent les principales sources à l’économie de cette zone. Cependant, à cause de son relief accidenté (pente allant de 20 à 80%) offrant peu de chance à l’irrigation, l’Agriculture pratiquée dépend uniquement des caprices de la nature. En plus des contraintes topographiques, le mauvais état des routes y rend l’accès difficile, affecte le transport, fait grimper les prix à la commercialisation des produits agricoles et inhibe la fourniture des services de base. Mis de coté les problèmes socioéconomiques, la Zone d’Agriculture de Montagnes Humides est le théâtre de différentes formes d’érosion à divers endroits. Cette condition de dégradation physique des sols quasi-générale fragilise la production agricole déjà insuffisante. L’Agriculture pourtant représente le plus grand pourvoyeur d’emplois à une population estimée à près d’un demi million d’habitants. Elle est en effet la source par excellence de revenus aux familles avec de légères variantes liées à leur catégorisation socio-économique. A titre d’exemple, les ménages très pauvres tirent la totalité de leur revenu de la vente de leur force de travail dont 60% sur des chantiers agricoles en périodes de pointe, tandis que ceux du haut de l’échelle tirent les leurs de la vente directe des produits agricoles (50%) et du commerce de produits importés (30%). En termes d’approvisionnement en nourriture, toutes catégories confondues, la production agricole en constitue la principale source aux familles avec un apport complémentaire généré par des achats se chiffrant à 40, 50 et 60%, respectivement pour les très pauvres, les pauvres et fermiers moyens. Ce complément par les achats est en prédominance chez les ménages riches et varie de 50 à 60%. Face à une Agriculture si minière, aux bénéfices parfois non renouvelés, les ménages se trouvent dans l’obligation de développer des formes de stratégies de survie peu favorables à la protection de l’environnement qui peuvent être soit la vente de bétails, la coupe des arbres pour la fabrication du charbon de bois, soit la migration interne et, lorsque le jeu force à couper: la migration vers la République Dominicaine.

 

 

Zone 4: Zone Agro-pastorale de Plateau


Cette zone concerne toutes les communes du Département du Centre, et une faible partie de certains Départements limitrophes. La zone est caractérisée par un système agro-écologique prédominant: le plateau semi-humide avec une altitude moyenne comprise entre 200 et 500 m. La pluviométrie est comprise entre 1000 et 1300 mm par an. La température moyenne oscille autour de 25o C. L’approche des profils des modes de vie utilisée a permis de comprendre les stratégies et les capacités adaptatives. On a tout d’abord souligné que les éléments clés de l’économie de cette zone sont l’élevage, l’agriculture, la production de charbon et les échanges avec la capitale et la République Dominicaine. Les revenus des ménages proviennent pour une large part de la vente de la production (par exemple, charbon et animaux) hors de la zone et la République Dominicaine offre des opportunités de main d’oeuvre. Les ménages moyens et les mieux lotis dépendent prioritairement de la vente de la production animale, soit respectivement à 45 % et à 40 %. Les risques qui affectent la zone sont regroupés en deux catégories : les risques chroniques qui sont soient liés à la dégradation de l’environnement productif (érosion et déforestation), soient liées à des difficultés accrues de commercialisation (dégradation des routes et augmentation des prix des intrants/carburant) et les risques périodiques qui peuvent être repartis en deux groupes, d’une part ceux qui affectent la commercialisation (fermeture de la frontière ou insécurité à Port au Prince) et d’autre part, ceux qui affectent plutôt la production (maladies ou catastrophes naturelles).

 

 

 

Zone 5: Zone Agro-pastorale


Zone 5 est une zone agro-pastorale semi humide avec une pluviométrie allant de 1000 à 1200 mm l’an. L’agriculture est prédominante. Le bétail dans cette zone agro-pastorale est ordinairement constitué de bovins, caprins, porcins, équins et bovins. Les très pauvres qui occupent 5% de cette population n’en possèdent presque pas. Les pauvres qui sont 45% de la population, par le gardiennage qui est un des moyens d’accès au bétail, en possèdent jusqu’à environ 5 petits bétails. Les groupes moyens et les mieux lotis possèdent en moyenne de 10 à plus 25 têtes de bétail. Dans cette zone agro-pastorale, les sources de revenus varient d’une catégorie à une autre. Pour les très pauvres, les sources de revenus proviennent essentiellement de la main d’oeuvre et de dons. Du côté des pauvres, les revenus sont issus en parti par la main d’oeuvre, la vente de la production animale, le petit commerce, la vente de bois de charbon et des transferts. Les moyens, eux, tirent leurs revenus dans la vente des produits agricoles, la vente de production de bétail, le commerce. Aux mieux lotis, il leur revient la pratique du commerce du gros bétail, la vente de produits agricoles, le transport et ils reçoivent tout aussi bien des transferts. Pour les sources de nourriture, toutes les catégories socioéconomiques de cette zone agro-pastorale dépendent en parti de l’achat. Chez les très pauvres et les pauvres, les paiements en nature et les aliments sauvages comme sources de nourriture prédominent. Les moyens et les riches vivent en parti de leur propre production agricole et de leur propre production de bétail.

 

 

 

Zone 6 : Zone Sèche d’Agriculture et de Pêche

Dans la zone sèche d’agriculture et de pêche, la propriété du gros bétail est caractéristique des ménages les mieux lotis et moyens. Les ménages pauvres accordent priorité à l’élevage du petit bétail car les risques et les coûts d’entretien sont beaucoup plus faibles. Il constitue leur épargne. Les principales sources de nourriture dans cette zone sont l’achat et la production agricole. Tous les groupes socio-économiques sont vulnérables à une hausse du prix des produits alimentaires de base car l’achat constitue leur source de nourriture la plus importante. Chez les ménages pauvres des régions côtières, les produits de la pêche représentent une part conséquente de leur source de nourriture. Ils sont donc vulnérables aux intempéries climatiques tels les nordés et les cyclones. Par ordre d’importance, la vente de la production agricole, le commerce et la vente de bétail constituent les principales sources de revenu des ménages les mieux lotis et les moyens. Pour les ménages pauvres de cette zone, la vente de main-d’oeuvre est la principale source de revenu suivi de la vente de production agricole et la vente du charbon ou de produits de pêche.

 

 

Zone 7: Zone de Production de Sel Marin


L’activité de l’élevage est marginale dans cette zone. Un peu plus de 75% du revenu des pauvres est procuré par la vente de main d’oeuvre agricole et surtout dans les salines. Le ménage mieux loti tire plus de la moitié de son revenu de la vente de sel. La seconde source de revenu de ce dernier est la vente de production d’échalote. Les catégories pauvres et moyennes tirent aussi une partie de leurs revenus de la vente de sels et de produits agricoles des mornes sèches avoisinantes mais à un degré moindre par rapport aux mieux lotis. Le commerce contribue à 10% dans le revenu des catégories moyennes et mieux loties. Ce sont les catégories socio-économiques ‘pauvres’ et ‘moyennes’ qui reçoivent des transferts d’argent de l’étranger. La majeure partie des besoins énergétiques (plus de ¾ pour tous les groupes) est satisfaite par l’achat. La proportion de nourriture issue de la propre production chez les ménages ‘mieux loti’ est inférieure à celle des ménages ‘moyens’ et pauvres’ car ils choisissent de planter l’échalote. Les ménages ‘pauvres’ et ‘moyens’ qui ont moins accès à moins d’eau d’irrigation, emblave une plus grande proportion de leur superficie en petit-mil. Pour les ménages ‘très pauvres’, les produit de la pêche sont consommés et/ou vendus. La consommation de la production animale est marginale.

 

 

 

:: Carte ::