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7 février 2023
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EFSA/ENSSAN, 2021: Zones affectées et zones non affectées par les derniers chocs.

Zones affectées et zones non affectées par les derniers chocs

Au moment de la préparation du déploiement de l’ENSSAN 2021, un terrible tremblement de terre s’est produit dans la région du grand Sud suivi du passage soudain de la tempête tropicale Grâce qui contribue davantage à la détérioration de la situation de la sécurité alimentaire. C’est dans ce contexte qu’organise simultanément une enquête de suivi de sécurité alimentaire et une évaluation rapide de la sécurité alimentaire, respectivement dans les zones faiblement affectées par le séisme et l’inondation et les zones fortement affectées par ces catastrophes.

Elles visent essentiellement à : i) Mettre à jour la situation de sécurité alimentaire, ii) Décrire les principaux chocs et les stratégies d’adaptation des ménages ; iii) Faire une mise à jour des indicateurs devant alimenter la classification IPC, iv) Mesurer l’effet des chocs sur les moyens d’existence des ménages, leur situation de sécurité alimentaire et nutritionnelle, v) évaluer les besoins des populations et des zones les plus affectées. Au total, l’échantillon utilisée pour la réalisation de la collecte des données est de 6236 ménages stratifiés en 10 départements, en 25 zones de moyens d’existence (selon le découpage administratif réalisé par CNSA et Fewsnet en 2015) et en 22 strates urbaines (ville de Jérémie et ville des Cayes et l’aire métropolitaine de Port-au-Prince). L’analyse des données attestent les faits suivants :

  1. 40.6% des ménages sont dirigés par des femmes, alors que 59.4% sont sous l’autorité des hommes, et ce, indépendamment de la strate considérée (zones affectées ou non affectées). Les femmes chefs de ménages se retrouvent plus fréquemment dans les ménages monoparentaux (21%) sans le support d’un d’homme apporteur de ressources que leurs homologues masculins (10%). 31% des chefs de ménage interrogés n’ont aucun niveau d’études. Le niveau de scolarisation des femmes chefs de ménages est plus faible que celui des hommes : 37% des femmes chefs de ménage n’ont aucun niveau d’éducation, contre 27% des hommes.
  2. Les personnes âgées de moins de 18 ans représentent 40% des membres de ménages, alors que celles âgées de 65 ans et plus comptent pour moins de 10% des membres de ménages. En moyenne un ménage compte 4.7 personnes. Elle varie d’une zone à l’autre : elle est plus importante dans les zones affectées (5.1) par les chocs.
  3. 26.6% des ménages des zones touchées par les derniers chocs ont au moins un membre qui a migré au cours des 12 derniers mois contre seulement 7.3% dans les zones non affectées. Les ménages dirigés par des femmes ont majoritairement au moins un membre qui a migré au cours des 12 derniers mois.
  4. Pour l’ensemble des zones non affectées, les 3 principales raisons d’immigration sont respectivement le travail, les études et l’insécurité. L’analyse des données au niveau des zones affectées indique que, dans l’ensemble, les principales raisons de la migration des ménages étaient de retrouver la famille dans un autre lieu (50.2%), d’aller retrouver sa maison (19.3%) et l’obligation de quitter l’endroit actuel (11.2%).
  5. Dans les zones non affectées, dans l’ensemble, le nombre moyen de personne qui est rentré récemment dans le ménage est 4.2 alors que dans les zones affectées, il est de 6.2. Comme pour l’immigration, l’émigration des ménages se fait prioritairement pour des raisons de travail, de l’insécurité, de Santé et d’études dans les zones non affectées mais avec de l’ordre de proportion différente. Au niveau des zones affectées par les derniers chocs, dans l’ensemble des départements près de 50% des personnes qui ont été déplacées suite aux chocs sont déjà revenus dans leurs maisons ou dans les cours de leurs maisons.
  6. 2 maisons sur 3 dans le grand Sud sont endommagées par le tremblement de terre du 14 août 2021. Le Sud est le département le plus touché. Il compte 55.9% de maisons fissurées, 16.3% partiellement détruites et 15% complètement détruites. Ensuite, viennent les départements des Nippes avec 67.6% de maisons fissurées 11.8% de maisons partiellement détruites et 8% complètement détruites.
  7. 85.3% des toits des maisons sont en tôle, suivis de 11.0% en béton et 3.5% des toits en paille. Par rapport aux autres départements, la zone de moyen d’existence du Nord-ouest HT01 (31.8%) affiche le plus fort taux des toits de maisons en paille.
  8. Il ressort de l’analyse qu’au niveau de l’ensemble des zones, que le bois/ brindilles constitue la principale source de combustible pour la cuisson des aliments au niveau des ménages. Il représente 64.2% dans les zones affectées contre 48.7% des ménages dans les zones non affectées qui utilisent les brindilles pour cuisiner. 46.0% des ménages des zones non affectées contre 32.7% des ménages des zones affectées utilisent le charbon de bois pour cuisiner.
  9. Au niveau de l’ensemble des zones, les lampes à pétrole ou lampes à gaz constituent la principale source d’éclairage des ménages. Ils sont respectivement 45.0% dans les zones affectées contre 37.8% dans les zones non affectées.
  10. Dans l’ensemble, les ménages avaient beaucoup plus accès à l’eau traitée avant le séisme qu’après. Seulement dans le Sud-est que l’accès à l’eau potable a légèrement augmenté après le séisme, soit 22.   07% contre 15.51% avant. Le Sud et les Nippes sont davantage privés de l’accès à l’eau traitée.
  1. Environ 43.3% des ménages ont recours à des latrines privées dans les zones affectées contre 36.9% dans les zones non affectées. 32.1% pratiquent la défécation à l’air libre ou utilisent des sachets contre 18.7%, et 14.5% des ménages se rabattent sur un trou contre 12.9% des ménages dans les zones non affectées.
  2. Dans les zones non affectées par les derniers chocs, plus de 80% des ménages ayant demandé un crédit durant les 12 derniers mois l’ont reçu, alors qu’au niveau des zones affectées seulement 35%.7% de ceux qui ont demandé de crédit l’ont reçu. Quelle que soit la catégorie de dépenses alimentaires considérées (dépenses alimentaires au comptant et à crédit), les montants dépensés sont plus élevés dans les zones non affectées. Dans l’ensemble, les dépenses alimentaires mensuelles réalisées au comptant sont supérieures chez les ménages dirigés par les femmes
  3. Dans l’ensemble, le montant mensuel moyen des dépenses totales (alimentaires et non alimentaires) des ménages s’élève à 24,906.5 HTG dans les zones non affectées par les derniers chocs. Alors que dans les zones touchées par les derniers chocs le montant des dépenses totales (alimentaires et non alimentaires) est de 21,999.6 HTG.
  4. Dans les zones non affectées près 46% des ménages ont des parts de dépenses alimentaires supérieures à 75%. Dans les zones affectées, près de la moitié des ménages (49.3%) ont des dépenses alimentaires de plus de 75% de leurs dépenses totales.
  5. La tendance de l’accès aux engrais chimiques pour la campagne de printemps 2021, selon les données des enquêtes communautaires, révèle qu’en moyenne 60 % des participant.es ont fait mention d’une baisse de leur disponibilité dans la plupart des zones de moyen d’existence. Toutefois, dans l’Ouest HT06 et Ouest HT07, 100 % des participant(.es) ont déclaré une amélioration de la disponibilité des engrais chimiques comparée à la précédente campagne de printemps.
  6. Pour la campagne agricole de printemps 2021, les quantités de semences de maïs et de légumineuses, selon les réponses des participant.es aux focus groups, variaient entre « identiques » et « moins disponibles » par rapport à l’année dernière.
  7. 100 % personnes ayant assisté aux focus group dans les zones de moyens d’existence suivantes : Artibonite – HT01, Artibonite – HT03, Centre – HT03, Nord’ Ouest – HT02, Sud HT08 et Sud’ Est – HT01 ont fait savoir que la main d’œuvre agricole a subi une diminution par rapport à l’année dernière.
  1. Au cours de cette saison, les cultures céréalières et les légumineuses ont été les plus affectées par les attaques parasitaires et/ou les maladies phytosanitaires. Ainsi, 54,3 % des répondants aux enquêtes communautaires ont signalé des niveaux d’affectation sévère sur les cultures céréalières durant la saison. Aussi, 47,2 % des participant.es ont fait mention des niveaux d’affectation sévère sur les légumineuses.
  1. Selon les réponses collectées à travers les enquêtes communautaires, les différentes espèces domestiques ont connu une diminution. En moyenne, 98,4 % et 92,1 % des répondant.es ont signalé des baisses respectives du cheptel porcins et des volailles. Les causes déclarées par les participant.es aux focus group seraient les ravages provoqués par le « Teschen » sur les procs et « Newcastle » touchant le sous-secteur avicole. Ils ont mentionné également la présence d’une maladie attaquant les porcs assimilable à la peste porcine
  2. Globalement, on observe une bonne disponibilité de produits alimentaires de base sur les différents marchés. La rareté de produits locaux observée sur certains marchés est compensée par une bonne disponibilité de produits importés.
  3. Au moins deux tiers des commerçants font face à des difficultés d’approvisionnement en raison particulièrement de l’inflation et de la faible capacité financière des commerçants.
  4. Après une baisse importante de sa valeur, le coût du panier alimentaire en septembre et octobre de l’année 2020, a recommencé à augmenter à partir du mois de novembre 2020. Elle a donc augmenté de 30% à 60% entre octobre 2020 à septembre 2021. L’augmentation est plus importante au niveau de la presqu’île du sud probablement en raison de la montée de l’insécurité dans la zone métropolitaine.
  5. En dépit de toutes les limitations, la majorité des commerçants (plus de 60%) semblent avoir une bonne capacité de réponse. La capacité de réponse est un peu moins élevée dans les départements affectés par le séisme.
  6. Dans l’ensemble, la source principale d’aliments des ménages, indépendamment du milieu de résidence et des zones considérées (zones affectées et non affectées par le séisme) est le marché (80%) : l’achat au comptant représente (71.7%) et l’achat au crédit (8.3%). Les besoins alimentaires de la population sont satisfaits à hauteur de 80% par le marché. Pour certains groupes de produits ils sont satisfaits à hauteur de 91.4% par le marché et seulement à hauteur de 3.1% par la production propre.
  7. Dans l’ensemble, seulement 18.9% des ménages déclarent avoir des réserves alimentaires. Et les données montrent que ces réserves ne peuvent assurer leur consommation que sur une très courte période, qui dure moins d’un mois, selon la déclaration de 77% des ménages.
  1. La prévalence de la consommation alimentaire inadéquate à l’échelle nationale est de 54.4%. Cette prévalence, elle est plus élevée dans les zones touchées (61.9%) que dans les zones non touchées (52.2%) par le séisme et les inondations. A l’intérieur des zones non touchées par les chocs, quatre strates affichent des scores de consommation alimentaire pauvre particulièrement élevés : Nord-ouest HT01 (62.5%), Nord-Ouest HT02 (43.3%), Ouest HT01 (40.2%) et le Camp de Bas Delmas (43.9%).
  2. Globalement, à l’exception du Camp du Bas de Delmas, la prévalence du score de consommation alimentaire inadéquat est plus faible dans l’Aire métropolitaine que dans l’ensemble des zones rurales (plus précisément les zones de moyen d’existence), si l’on exclut l’Artibonite HT01.
  3. Le calcul du Score de diversité alimentaire des ménages révèle qu’au niveau national 13% des ménages ont une diversité alimentaire faible et 30.9% atteignent une diversité moyenne. Les ménages dans les zones non touchées (46%, diversité faible et diversité moyenne) par les chocs adoptent des régimes alimentaires moins diversifiés que ceux dans les zones affectées (35.9%).
  4. Dans les zones affectées par les chocs, 30.1% des ménages déclarent avoir fait une quelconque expérience de faim (faim légère, modérée, sévère, très sévère), contre 34.1% dans les zones non affectées, au cours des quatre dernières semaines précédant l’enquête.
  5. A l’échelle nationale, 33.4% des ménages ont recours à des stratégies de crise et 21% à des stratégies d’urgence. Les ménages dans les zones affectées adoptent plus fréquemment des stratégies d’urgence : ils sont environ 26.8%.
  6. Dans les zones non affectées par les chocs, la situation est alarmante dans deux zones où un fort pourcentage de ménages à recours aux stratégies d’urgence : Nord-ouest HT01 (53.7%) et le camp de bas Delmas (59.4%). Et les disparités sont aussi importantes entre villes et zones rurales, à quelques exceptions près. Alors que dans les zones affectées par les aléas naturels (séisme/inondations), le recours aux stratégies d’urgence est préoccupant dans les zones Nippes HT07/HT08 (41.9%) et Grand ’Anse HT08 (38.3%).
  1. 39% de la population à l’échelle nationale est en situation de sécurité alimentaire modérée et 16% en situation d’insécurité alimentaire sévère.
  2. Dans la période courante allant de septembre 2021 à février 2022, 14 % de la population analysée (1, 301,546 personnes) est classé en phase 4 de l’IPC (Urgence) et 30% (2, 935,302 personnes) en phase 3 de l’IPC (Crise) soit 44% de la population en besoin d’une action urgente. Pour la période projetée, allant de mars à juin 2021, 14% de la population analysée (1,307,135 personnes) est en phase 4 de l’IPC (Urgence) et 33% (3,160,304 personnes) en phase 3 de l’IPC (Crise) soit 47% de la population nécessiteront une action urgente pour la période de projection.
  1. L’analyse actuelle (septembre 2021 – février 2022), comparée à celle conduite en août 2020, montre une détérioration de la situation de certaines zones notamment le bas Nord-Ouest, Sud et Nippes HT07, et Cité Soleil qui étaient antérieurement classées en phase 3 de l’IPC (Crise) sont passées en phase 4 de l’IPC (Urgence). Au niveau des départements non affectés, le taux de la malnutrition aigüe globale (sévère + modérée) selon le PB est de 4.6% contre 3.6% dans les départements affectés. Ces taux sont acceptables (< 5%) selon les seuils de l’OMS.
  2. Dans les zones non affectées, 5.9% des Garçon contre 3.1% des filles sont atteints de malnutrition aiguë. Par contre dans les zones affectées, 4.1% des filles contre 3.2% des Garçon sont atteints de malnutrition aiguë. Les enfants de sexe masculin sont plus à risque d’être malnutris par rapport aux enfants de sexe féminin.
  3. Dans l’ensemble des zones non affectées par les derniers chocs, majoritairement les ménages estiment que la situation de leur ménage dans les six prochains mois va s’empirer (35.1%) et 32% sont dans l’incertitude en choisissant la modalité « Ne sait pas ». Toutefois, 14% des ménages pensent que la situation va rester la même et 18% estiment qu’elle va s’améliore.

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HAITI: Analyse IPC de l’ Insécurité Alimentaire Aiguë, Septembre 2021

Bulletin PC Aigue

Enquête Nationale de Suivi de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (ENSSAN 2022) Rapport d’analyse: volet ménage

Résumé Exécutif

Depuis environ 4 ans, Haïti fait face à une crise socio-politique et à des mauvaises performances agricoles qui ont des répercussions significatives sur la sécurité alimentaire des ménages haïtiens, surtout des plus vulnérables. Dans un contexte de détérioration des facteurs comme l’inflation, les déficits pluviométriques, la violence généralisée des gangs et l’impact des différents chocs antérieurs qui sont susceptibles d’influencer les conditions de sécurité alimentaire en Haïti, il était devenu indispensable d’organiser une nouvelle enquête nationale de suivi de la sécurité alimentaire. Elle fait suite à la précédente enquête nationale (ENSSAN 2021), dont les données
avaient été collectées en août 2021. Cette nouvelle enquête nationale avait pour objectif de mettre à jour les données sur la sécurité alimentaire et la nutrition mais aussi d’évaluer les marchés et la performance de la campagne agricole de printemps 2022. Cette enquête était constituée de deux volets : un volet ménage et un volet communautaire dont les résultats ont été publié en novembre 2022.

Les résultats de ce document sont issus du volet ménage dont les données ont été collectées en août 2022 auprès d’un échantillon représentatif de la population haïtienne constituée de 6,720 ménages dont 4,830 ménages dans les zones rurales et 1,890 dans l’aire métropolitaine de Portau-Prince et dans les villes des Cayes et Jérémie. Ces zones rurales sont constituées de 23 zones d’analyse, basées sur les zones de moyens d’existence de 2015, à l’intérieur de chaquedépartement. Quant à la zone urbaine, elle a couvert les 7 communes de l’aire urbaine de Port-auPrince Prince, à savoir : Port au Prince, Carrefour, Pétion-Ville, Delmas, Cité-Soleil, Tabarre et Croix-des-Bouquets ainsi que les villes des Cayes et de Jérémie. Le découpage en zones d’analyse de ces communes urbaines s’est basé sur une analyse précédente des différents types d’habitats et de richesse relative qui composent les communes, répartie dans trois catégories : quartiers très
pauvres, quartiers pauvres, ou quartiers moyens et mieux lotis.

L’analyse des données attestent les faits suivants :

1. 46% des ménages sont dirigés par des femmes, alors que 54% sont sous l’autorité des

hommes, et ce, indépendamment de la strate considérée. Le niveau de scolarisation des

femmes chefs de ménages est plus faible que celui des hommes.

2. Selon l’analyse des données de l’ENSSAN 2022, à l’échelle du pays l’âge moyen des chefs

de ménage est de 48 ans. À l’exception des départements de l’Artibonite, du Nord-Ouest

et de l’Ouest dont les chefs de ménage sont en dessous de l’âge moyen nationale.

3. Dans l’ensemble, la source principale d’aliments des ménages, indépendamment du milieu
de résidence et des zones considérées, est le marché

4. La prévalence de la consommation alimentaire inadéquate à l’échelle nationale est de 51%.
Cette prévalence, elle est plus élevée dans les zones rurales (52.6%) que dans les zones
urbaines (48.4%). En zones rurales, quatre strates affichent des scores de consommation
alimentaire pauvre particulièrement élevés : Ouest HT07 (77%), Nord HT02 (73%),
Artibonite HT01 (72.1%) et Artibonite HT04 (71.2%). En zones urbaines ce sont les
communes de Carrefour (65%) et de Port-au-Prince (60%) qui affichent les plus forts
pourcentages de ménages avec une consommation alimentaire pauvre.

5. Si pour le score de consommation alimentaire la situation semble être préoccupante, le
score de diversité alimentaire des ménages indique une amélioration puisque seulement
3% des ménages à l’échelle nationale a une faible diversité alimentaire. La faible diversité
alimentaire est surtout observée dans les communes de la Croix-des-Bouquets (12%), de
la Grand ‘Anse (12%) et la zone OuestHT05 (7%).

6. A l’échelle nationale, 31% des ménages ont recours à des stratégies de crise et 33 % à des
stratégies d’urgence. Le recourt aux stratégies de crise et d’urgence est très fréquent à
travers presque toutes les zones de moyens d’existence. La ville des Cayes, de Carrefour
et la zone Nord HT02 sont les seules pour lesquelles les pourcentages de ménages ayant
utilisé les stratégies les plus sévères sont inférieurs à 40%. Environ 80% des ménages des
zones du Haut Plateau, des Nippes HT01, du Sud HT08, de l’Artibonite HT03 et de la
Grand’Anse HT07 ont adopté des stratégies de crise et d’urgence.

7. Le sexe du chef de ménage semble peu influencer sur le niveau d’insécurité alimentaire du
ménage. En revanche, on note des niveaux d’insécurité alimentaire plus marqués au sein
des ménages monoparentaux, ceux dont le chef de ménage se trouve en situation de
handicap et ceux dont le chef de ménage présente un faible niveau d’éducation

8. Les données révèlent aussi que cette année, la proportion de ménage qui a expérimenté la
faim en raison de manque de ressource pour s’acquérir des aliments a plus que doublée,
71% des ménages ont vécu la faim en 2022 contre seulement 32.9 % en 2021. Un peu plus
de 7 ménages sur 10 ont utilisé des stratégies de crise et/ou d’urgence.

9. En ce qui concerne les sources de revenus, les trois principales sources de revenus des
ménages sont la production agricole (61%), le commerce (61%) et le travail indépendant
(21%).

10. L’évaluation des besoins essentiels des ménages, montre qu’à l’échelle du pays près de
37% des ménages ont des dépenses mensuelles inférieures au seuil du panier minimum de
dépenses (MEB).

11. En termes de dépenses alimentaire, globalement en Haïti, les ménages y consacrent une
part importante ; elle représente en moyenne 70% de leur budget total et témoigne de leur
forte vulnérabilité économique. Le montant moyen des dépenses alimentaires mensuelles
à l’échelle nationale est de 16,943 gourdes et il est plus élevé chez les ménages dirigés par
des hommes soit 17,508 HTG contre 16,273 HTG pour les femmes.

12. Environ 40% des ménages urbains et ruraux affirment avoir eu des difficultés d’accès au
marché pour s’approvisionner en biens alimentaires de base et 20% des ménages ruraux ont
déclaré avoir eu des difficultés d’accès au marché pour s’approvisionner en intrants
(semences, engrais etc.).

13. L’accès à la nourriture (87 %) demeure toujours le premier besoin prioritaire identifié par
les ménages, en deuxième position vient l’accès aux intrants agricoles (35%) suivi de
l’appui à l’élevage (29%). Enfin, concernant l’assistance alimentaire, si les ménages
enquêtés étaient ciblés par la suite, ils préfèreraient majoritairement recevoir une assistance
mixte, composée d’une distribution monétaire en cash (79.7%), d’une distribution
alimentaire représentant (12.7%) et 7.6% préfèreraient recevoir des bons d’achats tant en
milieu urbain qu’en milieu rural.

  1. Environ 16 % des ménages vivant dans des quartiers pauvres et très pauvres des zones
    urbaines du pays n’ont pas accès à des sources d’eau protégées. Parmi les zones les plus
    affectées par ce problème, la commune de Cité Soleil où des cas de décès sont enregistrés
    suite à la recrudescence du choléra en Haïti depuis quelques mois, a le taux le plus élevé
    des ménages n’ayant pas accès á des sources d’eau protégées, soit 55.5%, suivi de Delmas
    (32%), puis Carrefour (23%). 20% de la population des zones rurales n’a pas accès à une
    source d’eau protégée.
  1. Dans l’ensemble, la réduction des performances de la production agricole, la persistance
    de l’insécurité et conflits entre les gangs armés et la maladie d’un ou plusieurs membres
    du ménage sont les principaux chocs qui les ont affectés.
  1. Pour les facteurs de blocage de l’agriculture, environ 65 % des ménages ont déclaré n’avoir
    pas eu d’argent, 37 % ont évoqué le prix trop élevé des intrants, 24 % ont fait mention du
    problème de la main d’œuvre et 23 % ont fait ressortir l’indisponibilité de semences ainsi
    que le manque d’appui.

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