Vue d’ensemble
Entre mars et juin 2026, plus de 5,83 millions de personnes (soit 52 % de la population
analysée) devraient être confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire
aiguë (Phase 3 de l’IPC ou plus). Cela représente une légère amélioration par rapport
à la projection précédente de 5,91 millions de personnes en Phase 3 ou plus dans
l’analyse publiée en septembre 2025. Près de 1,9 million de personnes—soit 16 % de
la population analysée—se trouvent en Phase 4 de l’IPC (Urgence), ce qui représente
également une légère réduction de la gravité par rapport à l’estimation précédente,
qui prévoyait que 2 millions de personnes seraient en Urgence (Phase 4 de l’IPC).
Cependant, des améliorations limitées et localisées demeurent insuffisantes pour
inverser la tendance générale de l’insécurité alimentaire aiguë en Haiti. Ces impacts
positifs limités comprennent un ralentissement de l’inflation annuelle, des conditions
agricoles hivernales globalement favorables et un meilleur accès le long de certains
axes routiers. Bien que l’inflation ait ralenti (passant de 31,9 % en septembre 2025 à 22,1
% en février 2026), le déclenchement du conflit au Moyen-Orient et le blocus du détroit
d’Ormuz ont provoqué une perturbation majeure du système alimentaire mondial,
avec des répercussions directes sur Haïti.
Néanmoins, la période de mars à juin 2026, qui correspond à la période de soudure,
représente une détérioration par rapport à la période précédente de septembre 2025
à février 2026, au cours de laquelle 5,7 millions de personnes ont été confrontées à une
insécurité alimentaire aiguë de Phase 3 de l’IPC ou plus.
L’aggravation de la crise est la resultante entre autres de la violence armée de plus
en plus etendue en région. Environ 90 % de la zone métropolitaine de Port-au-Prince
étant désormais sous le contrôle des groupes armés. La violence continue d’étouffer
l’économie haïtienne et de limiter le transport des marchandises ainsi que la circulation
des personnes, avec de nombreuses personnes parmi les plus vulnérables contraintes
de rejoindre des groupes armés pour subvenir aux besoins de leurs familles. L’ouragan
Melissa a également frappé le sud du pays en octobre 2025, provoquant des pluies
torrentielles, des inondations, des glissements de terrain et des destructions dans la
région du Grand Sud (Sud, Grand-Anse, Nippes), à l’ouest (autour de Petit-Goâve et de
Port-au-Prince) et au sud-est (Marigot). La situation économique générale a un impact
encore plus important sur les personnes déjà touchées par l’ouragan.
Sur les 30 zones analysées, 10 restent classées en phase 4 de l’IPC (Urgence). Il s’agit
notamment des deux zones du département du Nord-Ouest, de trois zones du
département de l’Artibonite (à l’exception des Gonaïves), du Bas-Plateau, des camps
de déplacés, de La Gonâve, de la zone HT07 dans le Sud’ Est (arrondissement de Belle
Anse) et des quartiers pauvres de Port-au-Prince et de Cité Soleil. Le reste du pays
devrait rester en Phase 3 de l’IPC (Crise).

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